PEUT-ON FAIRE DU  CAMPING SAUVAGE AU COSTA RICA ?

 

Le Costa Rica est un pays légendaire pour ce qui est de la nature et de la vie sauvage. Pour les baroudeurs et les habitués des nuits à la belle étoile, la perspective de poser sa tente au Costa Rica est un rêve. En plus de son côté économique, ceux d’entre vous qui pratiquent ou ont déjà pratiqué le camping sauvage en pleine nature savent bien qu’il n’y a pas de meilleur moyen pour observer les animaux et être en immersion totale dans l’environnement.

Mais voilà, des bruits et des rumeurs circulent, les fantasmes envahissent le net.  Trop d’animaux, trop de serpents, de la criminalité… Le camping sauvage serait dangereux au Costa Rica… Qu’en est-il vraiment ? Nous avons mené l’enquête pour vous…

 

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Jean-Eudes opte pour un suicide original en posant sa tente en pleine jungle au Costa Rica

 

Au Costa Rica, le camping sauvage est massivement pratiqué par les Ticos et les backpackers, qui posent leurs tentes un peu partout, parfois dans les endroits les plus improbables, avec une prédilection pour le bord des plages (loin de toute route ou carrément le long…). C’est une tradition familiale un peu comme chez nous, qui permet de partager des moments de convivialité autour d’un petit barbecue, avec des voisins détendus, pour apprécier un beau coucher de soleil sur la plage. Toilettes à l’air libre, dans la nature à votre discrétion et douche dans la cascade s’il y a une cascade. Fréquentation modeste, principalement concentrée sur le vendredi et le samedi. Du camping sauvage quoi…

 

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Ignorant les avertissements des étrangers sur internet, ces Ticos se préparent à une nuit de danger au bord de l’océan

 

Il existe une bonne soixantaine de sites de camping répertoriés au Costa Rica, proposant souvent de véritables équipements (douches, cuisines communes, sanitaires) et un nombre indéterminable de sites de camping « sauvage » plus ou moins fréquentés.

Vous pouvez consulter la carte que nous avons mis à votre disposition sur le site répertoriant ces zones aménagées, ainsi que les coordonnées de contact des gérants : http://www.costarica.fr/ou-camper-au-costa-rica/

 

CAMPING SAUVAGE, ANIMAUX DANGEREUX ET SÉCURITÉ

 

Le Costa Rica, comme chacun sait, regorge d’espèces animales. Insectes, mammifères, reptiles, amphibiens, oiseaux, poissons, etc. etc. Pour le sujet qui nous préoccupe, à savoir le camping sauvage, qu’en est-il de ces animaux et de leur dangerosité ?

Les reptiles : Bonne nouvelle, aucun serpent ne vous envisage en tant qu’humain comme un repas digne de ce nom. Par contre les crocos ne vont pas se gêner (s’ils sont d’une taille suffisante, et il y en a). Fort heureusement, il passent leur vie dans l’eau, dans certains fleuves et le long des berges de ces mêmes fleuves, à se faire dorer la pilule, repus qu’ils sont de leur repas de poissons et autres volatiles qu’ils trouvent en abondance dans leur milieu naturel. Ils ne s’aventurent pas loin des berges, aucun intérêt. Pour les éviter, ce n’est pas compliqué, il ne faut pas camper sur les berges d’un des fleuves où ils sont installés. Ils nous cèdent donc généreusement 99,99% du territoire pour faire nos petits barbecues tranquilles. Si vous avez des doutes, ils ne sont que dans les gros fleuves, suffisamment profonds, dans des zones avec un courant faible à modéré, et une eau trouble voire carrément boueuse (question de discrétion). Typiquement le genre d’endroit où il ne viendrait à personne l’envie de camper ou de se baigner…

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Bonne zone de camping sauvage

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Mauvaise zone de camping sauvage

 

De nombreuses espèces de serpents vivent au Costa Rica. Une petite vingtaine sont venimeux, à des degrés de dangerosité divers. Nous nous concentrerons sur le cas de la légende locale, responsable de plus de la moitié des accidents occasionnant des décès par morsure : le célèbre terciopelo (et laisserons de côté les Coral, Cascabel et autres Bocaracas)

Ce bad boy est réparti sur une large portion du territoire, à diverses altitudes (jusqu’à plus de 1200m) avec une prédilection pour la zone Caraïbes et la zone Pacifique Centre et Sud. Il est dangereux voir mortel. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il a autant peur de vous que vous avez peur de lui, ce qui montre qu’il n’est pas stupide. Bien qu’étant une espèce protégée, presque personne ne se gêne pour le découper à la machette dès que l’occasion se présente. Donc pour l’éviter, il suffit de faire du bruit et de le prévenir que vous êtes là, et il décampera sans demander son reste. Comme pour presque tous les serpents, les morsures ont lieu à 90% aux pieds et aux jambes, parce qu’on lui a marché dessus alors qu’il ne s’y attendait pas.

 

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De manière générale au Costa Rica, pour éviter les serpents, il ne faut pas s’aventurer en pleine jungle, faire attention lorsqu’on touche un arbre ou une feuille, qu’on grimpe à un arbre ou qu’on cueille des fruits dans un arbre, car certaines espèces sont arboricoles. Eviter également de se promener la nuit, sans éclairer les zone où l’on marche ou que l’on touche, et regarder où on met les pieds lorsqu’on fait un peu de « hors piste ». Si vous êtes prudents, votre rencontre avec un des serpents du Costa Rica se transformera en une opportunité fantastique pour les photographier. Si vous les fuyez, sachez que des gens payent cher pour avoir la chance de voir ces créatures fascinantes.

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Les parents de cette petite costaricienne la laissent s’amuser sur la plage loin du campement, inconscients de la mort qui la guette sous chaque branche d’arbre

 

Pour rédiger cet article, nous avons pris l’avis de Costariciens et Nicaraguayens éclairés et aguerris au camping sauvage au Costa Rica, parfois dans des conditions de pure jungle. Et de manière unanime, en ce qui concerne les soucis avec les animaux, voilà la réponse qui ressort le plus souvent :

En réalité, les principaux animaux qui causent des problèmes ponctuellement aux campeurs, mis à part les insectes, sont les Mapaches (ratons laveurs) et les Pizotes (Coatis). Ces petits fouineurs sont amoureux de la nourriture humaine, et si vous ne prenez pas garde à bien fermer votre nourriture dans une glacière ou à la laisser dans la voiture… Par l’odeur alléchés, ils s’appliqueront à ouvrir tout sac,  bocal, etc et à vous laisser un champ de bataille autour de la tente le matin.

 

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Racaille va !

 

QUELLE EST LA DIFFÉRENCE ENTRE UN BON CAMPEUR ET UN MAUVAIS CAMPEUR ?

 

On l’attendait celle-là. Vous aurez compris au long de cet article que le camping sauvage est possible  au Costa Rica à condition de prendre certaines  précautions élémentaires. Voici une liste non-exhaustive de recommandations :

Que fait le bon campeur sauvage ?

  • Il discute  avec la population locale dans les zones où il souhaite  camper
  • Il prend un bon équipement
  • Il évite de camper seul
  • Il ne s’enfonce pas dans la jungle pour poser sa tente Quechua parce qu’il a vu l’intégrale de Man versus Wild (TM)
  • Il ne campe pas au bord des rivières abritant des espèces dangereuses (Buen dia, sabe usted si hay cocodrilos en ese rio ?)
  • Il évite de camper à proximité des zones à forte densité touristique (Tamarindo, Playa Del Coco, Puntarenas, Jaco…) pour limiter les risques de vols
  • Il  regarde où il met les mains et les pieds en pleine nature
  • Il prend un véhicule
  • Il monte sa tente à proximité de son  véhicule
  • Il prévoit  un moyen de communication en cas de besoin (téléphone portable) et s’assure qu’il fonctionne
  • Il ne campe pas sur une zone interdite (certains parcs nationaux, certaines plages, etc. Posez la question autour de vous si vous ne voyez pas de tentes)
  • Il prend connaissance du climat de la zone où il prévoit de camper. Certaines zones en hauteur dans la Vallée Centrale peuvent être très froides la nuit
  • Il prend connaissance de la faune et de la flore du Costa Rica, qu’il respecte
  • Il écoute les Costariciens, qu’il respecte comme les gardiens de cette terre, et il respecte toutes leurs recommandations
  • Il ne jette aucun détritus ou déchet dans la nature
  • Il ne boit pas l’eau des ruisseaux, des sources ou des rivières, il boit uniquement de l’eau dont il connait la provenance
  • Il ne  mange pas de fruits, de baies, ou autre nourriture qu’il trouve dans la nature si il ne les connait pas parfaitement et si il n’est pas sûrs de les avoir bien identifiés (Prenez de la nourriture avec vous)
  • Il surélève sa tente ou considère le terrain où il s’installe pour être à l’abri de l’eau en cas de pluies.
  • Il évite de se promener la nuit, spécialement sans éclairage.  De nombreux animaux sont actifs la nuit.
  • Il ne laisse pas sa tente ouverte sans surveillance, et encore moins avec de la nourriture dedans.
  • Il ne fait pas de feux de camp sur les zones où c’est interdit (en général c’est indiqué. En cas de doute posez la question)
  • Il ne s’amuse pas à chasser des animaux. La pêche et réglementée ainsi que la chasse, et elles sont même rigoureusement interdites dans de nombreux endroits
  • Il se munit d’un bon anti-moustiques et s’assure que sa  tente est équipée de moustiquaire
  • Au moment de lever le camp, il ne laisse rien sur place (déchets, etc) et par courtoisie supprime  les éventuelles traces de sa présence sur les lieux.

En respectant des règles élémentaires, vous aurez l’occasion de vivre des moments exceptionnels en camping au Costa Rica, dans des paysages de rêve, et multiplierez les chances de rencontres avec les animaux. La frontière est parfois floue entre le camping sauvage et le camping aguerri en milieu tropical. Au Costa Rica, c’est vous qui décidez si vous souhaitez franchir la frontière. Et c’est ce qui est bon !

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Bon voyage. Pura vida !